Transition et ingénierie
une station en transition
Vers une station de montagne
Climat, biodiversité, énergie, agriculture, activités humaines… Les enjeux d’aujourd’hui interpellent nos habitudes et nos modes de vie. Le massif jurassien, dont la Station de Métabief fait partie, n’est pas épargné par ces bouleversements.
Contexte climatique
Au niveau mondial et national
Les émissions de gaz à effet de serre produites par l’homme depuis la révolution industrielle, de la fin du 19ème siècle à aujourd’hui, sont responsables d’un réchauffement et d’un dérèglement climatique mondiaux.
Sur la Station de Métabief
La montagne en général et la moyenne montagne en particulier subissent fortement les effets du réchauffement.
En 2016, la Station de ski de Métabief, gérée par le Syndicat Mixte du Mont d’Or (SMMO), engageait une réflexion sur le devenir de son modèle économique face aux enjeux climatiques. Les équipes de la station ont établi un diagnostic des équipements de remontées mécaniques du domaine : état, maintenance, investissements nécessaires.
Accompagnés d’experts climatiques, ils ont analysé l’augmentation des températures locales, la réduction des plages de froid en hiver et ont élaboré des projections climatiques pour leur zone géographique sur les années à venir.
Depuis 1970 à aujourd’hui
À Métabief, à 1 000 m, la température moyenne de l’hiver est devenue positive au début des années 2000 et depuis, le réchauffement s’est accéléré avec une augmentation de +1,5 °C en 20 ans, ce phénomène a fait grimper la limite pluie/neige de 200 m en 20 ans.
Pour les prochaines décennies
Les études menées par Météo France et l’INRAE via le modèle CLIMSNOW mettent en évidence les éléments suivants : dès 2030, la viabilité du ski est fortement remise en question. À l’horizon 2040, la production de neige de culture serait la seule garantie pour la pratique du ski alpin, sur des secteurs au-dessus de 1 100/1 200 m, à l’abri des vents chauds. En 2050, la viabilité du ski alpin est estimée à zéro.
Transition de la Station de Métabief
Face à cette échéance, le Syndicat Mixte du Mont d’Or (SMMO) soutenu par le Département du Doubs et le territoire du Haut-Doubs a pris la décision d’engager la transition de son modèle de « station de ski » vers une « station de montagne ».
Les ambitions et premières actions :
- Faire perdurer et profiter du ski tant que possible :
Développement du réseau de neige de culture, et aménagement de la retenue collinaire du Morond en 2015, élément indispensable pour se donner le temps de la transition.
Des méthodes innovantes de maintenance des remontées mécaniques ont aussi été imaginées spécialement à Métabief afin de repousser l’obsolescence des remontées mécaniques.
7,4 M€ sont engagés sur la période 2021-2025 pour le maintien du ski alpin grâce aux travaux de maintenance des équipements et à la rénovation du TSF Troupézy.
- Embarquer les équipes pour se transformer ensemble :
Le SMMO a aussi mis en place des formations internes, de l’apprentissage et de l’insertion afin de faire monter ses équipes en expertise et ainsi être en mesure de se diversifier et d’innover
- De nouvelles activités.
Les équipes ont à cœur d’imaginer la destination toutes saisons de demain et de la rendre réelle.
Entre 2013 et 2015, développement du bike park actuel, à un moment où la pratique n’était pas si développée qu’aujourd’hui, ce qui permet à la station de disposer aujourd’hui d’un site estival de référence.
Plus récemment, d’autres investissements ont été réalisés, notamment la Luge des Cimes, ouverte depuis l’été 2023. Cette activité fonctionne indépendamment des conditions météorologiques, avec ou sans neige. Elle est ouverte au public 10 mois par an, permettant ainsi de faire vivre l’expérience, mais aussi l’esprit station, tout au long de l’année. Elle remplace l’ancienne luge d’été, vieillissante et jusqu’alors ouverte uniquement sur les deux mois estivaux.
Transformation de la Station de Métabief
Suite au mauvais hiver 2023-2024, la station a dû, pour des raisons économiques, fermer le secteur de Piquemiette (30% de son domaine à l’époque), ce qui a été un rappel de la fragilité de son modèle, malgré les efforts de diversification déjà engagés depuis 2015.
En 2025, la station a enfin réussi à équilibrer son résultat, mais celui-ci dépend encore aux trois quart de l’hiver, même pendant une année où les chiffres de la fréquentation estivale ont battu des records (plus de 200.000 passages au télésiège du Morond, dont 90% de VTTistes).
L’enjeu est donc désormais d’opérer une véritable transformation vers une station 2.0., ce qui passe par différents chantiers :
de nouvelles offres d’activités ludiques, contemplatives et récréatives, adaptées à la clientèle de la station ;
le développement d’une offre locale et qualitative de petite restauration ;
une modernisation du télésiège du Morond, et son évolution en télémix (ajout de cabines) pour élargir la clientèle et les offres de la station.
une requalification de tout le bas de la station pour repenser l’accueil et le parcours des clients ;
un investissement dans les énergies renouvelables pour décarboner la station et la rendre autonome ;
une nouvelle communication (y compris une nouvelle identité graphique) pour porter un nouveau récit porteur de sens et d’espoir au regard des enjeux actuels ;
un nouveau positionnement stratégique comme une station franco-suisse, jouant la carte de la coopération plutôt que la compétition avec ses voisins du Nord vaudois (cf. projet Passerelles, copiloté avec l’ADNV, et retenu dans le cadre du programme Interreg France Suisse 2021-2027).